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    18-03-2010 - 21:50 (GMT+0100) ImprimerEnvoyer à

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1.2. Les facteurs de croissance et de compétitivité

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Productivité, compétitivité et prospérité : un cadre conceptuel

La production totale d'une économie est fonction de la dotation en ressources (ressources naturelles, structure de production, travail, accumulation du capital physique, accumulation du capital humain) et de la productivité avec laquelle ces ressources sont mises en oeuvre pour la production de biens et de services, mesurée par le PIB, resp. le revenu national. En fait, la productivité constitue la mesure de l'efficience allocative avec laquelle le capital humain, le capital physique, et les autres ressources sont combinées dans les activités économiques. Il ne s'agit cependant que d'une grille de lecture « comptable » qui ne tient pas compte d'autres éléments qui sont à la base du développement économique, à savoir la situation géographique, l'intégration (commerce international p.ex.), les institutions et plus généralement le contexte social. La situation géographique renvoie aux avantages et désavantages dus à la localisation physique d'un pays (climat, proximité de voies navigables, autres infrastructures de transport …) tandis que l'intégration renvoie aux bénéfices (ou aux coûts) de la participation au commerce international de biens, de services, de capital et de travail. C'est dans le contexte de l'intégration économique que se pose la question de la compétitivité. Pour D. RODRIK les facteurs géographie, intégration et institutions constituent les causes « profondes » (« deep determinants ») du développement économique, tandis que les facteurs capital, travail et productivité sont qualifiés de causes « premières » (« proximate ») de la croissance. Par ailleurs, l'adaptation des déterminants institutionnels du développement aux facteurs conjoncturels est assez lente et difficile à mettre en oeuvre, d'où l'intérêt de ne pas les négliger et d'y être particulièrement attentifs.

Productivité, compétitivité et prospérité sont des concepts proches, mais non interchangeables. La notion de "productivité" s'applique principalement aux entreprises et au milieu du travail, tandis que la "compétitivité" doit plutôt être rapprochée des « marchés ». La productivité constitue évidemment un élément central de la compétitivité dans la mesure où elle contribue à déterminer - à côté de l'évolution du salaire nominal et du taux de change - les coûts de production relatifs par rapport aux concurrents. Mais le lien n'est ni automatique ni exclusif. La compétitivité est également liée à la présence des entreprises sur les marchés (aspect de la promotion commerciale, p.ex.), à l'attractivité du pays (investissements étrangers), à la structure de production (adaptation de la production à la demande internationale …) et enfin au cadre institutionnel et social. De toute évidence les relations causales ne sont pas à sens unique. La croissance facilite la mise en place d'institutions de "qualité" (efficience, absence de corruption) et une politique fiscale compétitive. Mais l'existence de la relation causale inverse ne peut guère être contestée.

La notion de "prospérité " concerne l'ensemble de la société et peut être analysée à travers l'augmentation du revenu réel (par l'adaptation des rémunérations à la croissance de la productivité p.ex.), l'équité, la participation des citoyens, la préservation de l'environnement, indicateurs qui sont actuellement souvent rassemblés sous le thème porteur de « développement durable ».

Croissance et compétitivité sont donc fonction, d'une part, de la disponibilité des ressources (structure de production, facteur capital, facteur travail) et de leur allocation (productivité) et, d'autre part, des facteurs contextuels (géographie, institutions, contexte social).


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