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> home > 2 - Les structures économiques > 2.1. Population de résidence, population active et emploi > 2.1.1 Population

2.1.1 Population

Vers le niveau supérieur

Une croissance démographique soutenue

Alors qu'au recensement de la population de 1970, le nombre d'habitants du Grand-Duché ne dépasse pas les 340 000, le cap des 450 000 sera franchi durant la première moitié de cette décennie. En 30 ans, la population de résidence s'accroît donc de quelque 100 000 personnes. Une comparaison avec des pays voisins ou proches montre que cette croissance démographique est plutôt exceptionnelle et que c'est surtout dans les années quatre-vingt-dix que le Luxembourg se détache du lot. La progression de 30% est nettement supérieure à celle enregistrée en Belgique, en RFA (avant réunification)ou en Autriche. Elle est de moitié en France et en Suisse et seule parmi les pays considérés, les Pays-Bas s'en rapprochent.

Croissance démographique dans des pays sélectionnés (1970 = 100.0)
Année
Luxembourg Belgique France Allemagne Pays-Bas Suisse Autriche
1970
100.0
100.0
100.0
100.0
100.0
100.0
100.0
1980
107.4
102.0
106.3
100.4
108.7
102.2
101.2
1990
112.1
103.0
112.0
102.4
114.9
108.2
103.1
2000
130.4
106.2
116.8
109.4
123.4
116.8
108.9
Source: EUROSTAT

Le point saillant de la croissance démographique du Luxembourg est la place prépondérante prise par l'immigration. Les seuls nationaux voient leurs effectifs stagner et sans les options et naturalisations ils auraient même diminué. Entre 1970 et 2001, sont enregistrés 114 877 décès contre 90 995 naissances d'autochtones engendrant un solde naturel négatif de 23 882 Ce déficit est plus que compensé par les acquisitions de la nationalité luxembourgeoise de la part de résidents étrangers. Il est à noter que ce mouvement d' «intégration» reste cependant modeste, compte tenu du fort accroissement du stock de population étrangère susceptible d'acquérir la nationalité luxembourgeoise.

En remontant aux années 1950, on constate que le profil de la courbe des taux d'accroissement de la population épouse étroitement celui du taux d'immigration nette. Le développement démographique du Luxembourg est rythmé par les flux migratoires largement supérieurs à ceux du mouvement naturel (naissances, décès). Alors que le taux de l'excédent des naissances sur les décès dépasse rarement les 4‰, les soldes migratoires ont des pointes allant jusqu'à 14‰. L'évolution particulièrement dynamique de la dernière décennie, succédant à la croissance beaucoup plus modeste des années 1980, résulte principalement d'une importante augmentation des soldes migratoires annuels.

En moyenne annuelle, le solde migratoire au Luxembourg était de plus de 10‰ au cours de la décennie 1990-2000, alors que dans l'Europe des 15 le chiffre correspondant était d'environ 2.3‰.

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L'apport des étrangers au développement de la population ne se limite pas aux seuls flux migratoires annuels. Des soldes naturels largement positifs y contribuent également. En raison de leur structure par âge particulièrement jeune, il y a relativement peu de décès et le nombre de naissances ne cesse de progresser. En 2001, il devient, pour la première fois, supérieur à celui des autochtones.

Toutes ces évolutions entraînent une hausse continue de la part des étrangers dans la population de résidence qui de 18.4% en 1970 passe à 37.5% en 2002. Un tel pourcentage n'est atteint dans aucun autre pays européen. Parmi ceux, comportant une importante proportion d'étrangers, il faut citer le Liechtenstein (34 %) ou la Suisse (20 %). Dans pratiquement tous les autres pays, la proportion d'étrangers reste inférieure à 10 %.

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Nuptialité, divortialité et fécondité : les comportements changent

Comme dans d'autres pays européens, le nombre de mariages, de divorces ou de naissances se ressent des changements de comportement démographique. La propagation des unions consensuelles et la propension de plus en plus forte à vivre seul contribuent à la chute des mariages de célibataires comme l'atteste l'évolution des indicateurs de primo-nuptialité. Si la proportion des célibataires contractant un premier mariage observée ces dernières années devait se maintenir à l'avenir, 50 % d'entre eux ne le feraient jamais. Autre indicateur de cette désaffection relative vis-à-vis du mariage : le pourcentage de naissances hors mariage. Alors qu'il se situe autour de 4 % vers 1970, il atteint aujourd'hui plus de 20 %.

Cette régression de la nuptialité s'accompagne d'une progression de la divortialité. Le comportement observé depuis quelques années laisserait présager que la moitié des couples mariés finiraient par divorcer.
Dans les années soixante-dix, la nette chute de la fécondité des femmes de nationalité luxembourgeoise soulève un certain nombre d'inquiétudes. La diminution de l'indicateur conjoncturel de fécondité (nombre moyen d'enfants par femme calculé, pour une année donnée, à partir des taux de fécondité par âge de l'ensemble des générations en âge de procréer) semble, en effet, spectaculaire. De 2.36 vers 1960 il tombe à 1.38 vers 1985. Certes si l'on se rapporte non plus à cette génération fictive servant de base au calcul de l'indicateur conjoncturel mais au nombre d'enfants mis au monde par les femmes nées une même année, cette baisse de la fécondité est beaucoup moins prononcée, tout en demeurant bien réelle. Considérée à l'époque comme exceptionnelle au niveau européen, il s'avère rapidement qu'elle touche un très grand nombre de pays et, en premier lieu, les pays du Sud à fécondité traditionnellement élevée comme l'Italie ou le Portugal. L'évolution dans ces pays ne restant pas sans effet sur leurs ressortissants établis au Luxembourg, l'indicateur conjoncturel des femmes étrangères connaît également une chute assez brutale comme le montre le graphique afférent. A un certain moment, leur niveau rejoint pratiquement celui des autochtones, mais les derniers chiffres font de nouveau apparaître un écart grandissant.

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Recul de la mortalité

En trente ans, l'espérance de vie à la naissance, indicateur synthétique le plus usuel mesurant les progrès enregistrés en matière de mortalité s'accroît de 8 ans chez les hommes et de 6 ans chez les femmes. Aujourd'hui, elle s'élève à environ 75 ans chez les hommes et à quelque 81 ans chez les femmes La nette régression de la mortalité infantile joue un rôle prépondérant dans cette évolution. Le nombre de décès de moins d'un an pour 1000 naissances vivantes franchit plusieurs paliers. De 1970 à 1975, il reste, en moyenne, supérieur à 15. Puis, pendant presque 10 ans, il se situe entre 10 et 15. A partir de 1985, il tombe durablement en dessous de 10 et ces dernières années, il tourne autour de 5 ce qui correspond au niveau de beaucoup de pays européens.

Cette baisse de la mortalité s'observe également aux âges plus avancés. De 9.5 ans en 1970, l'espérance de vie à 70 ans masculine passe à 12.2 ans en 2000. Celle des femmes s'accroît de 11.9 ans à 15.5 ans.

Espérances de vie à différents âges
Année
Hommes Femmes
  0 an 50 ans 70 ans 0 an 50 ans 70 ans
1970
67.3
22.4
9.5
74.5
27.5
11.9
1980
70.0
23.6
9.9
76.7
29.2
13.0
1990
72.6
26.4
11.9
79.1
31.5
14.9
2000
74.7
27.4
12.2
81.1
32.8
15.5
Source: STATEC

Ces améliorations sont cependant à relativiser. Dans son livre blanc 'Santé pour tous', publié en 1994, le Ministère de la Santé reconnaît que 'les taux comparatifs de mortalité par âge et par sexe sont supérieurs à la majorité de l'Union Européenne' . Concernant les causes de décès, le même document note qu'entre la fin des années soixante-dix et la fin des années quatre-vingt 'les taux de mortalité par cancer augmentent tandis que la mortalité par maladies cardio-vasculaires a tendance à diminuer. La dégradation la plus spectaculaire est constatée en matière de mortalité par cancer du sein (+34.6%)'.

Fécondité et mortalité infantile dans certains pays européens
Année
Luxembourg Belgique France Allemagne Italie Portugal Autriche Suisse
Indicateur conjoncturel de fécondité
1970
1.97
2.25
2.47
1.99
2.43
3.01
2.29
2.10
1980
1.49
1.68
1.95
1.45
1.64
2.25
1.65
1.55
1990
1.60
1.62
1.78
1.45
1.33
1.57
1.45
1.58
2000
1.79
1.66
1.89
1.36
1.23
1.52
1.34
1.50
Mortalité infantile (pour 1 000 naissances vivantes)
1970
24.9
21.1
18.2
23.4
29.3
58.4
25.6
15.1
1980
11.6
12.2
10.1
12.7
14.4
24.2
14.4
9.1
1990
7.4
6.6
7.4
7.1
8.2
11.0
7.9
6.9
2000
5.1
4.9
4.8
4.6
4.6
5.5
4.8
5.0
Source: STATEC

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Une population vieillissante ?

Le plus souvent le vieillissement d'une population est appréhendé par la proportion de personnes dépassant un certain âge, le choix de ce seuil démographique (60, 65 ou 70 ans) étant largement arbitraire.

Souvent on distingue le troisième âge, couvrant les personnes âgées entre 65 ans et 79 ans, du quatrième où l'on entrerait à partir de 80 ans. Les 65 ans et plus voient leur nombre progresser de 42 800 en 1970 à 61 000 en 2000 (+ 42.8%). Ce taux d'augmentation s'élève à 20.3% chez les 80 ans et plus (5 900 en 1970, 13 000 en 2000).

Deux facteurs concernant l'un la base, l'autre le sommet de la pyramide d'âges peuvent être à l'origine du vieillissement : la baisse de la natalité et les progrès de la longévité. Ainsi, la dynamique démographique enclenchée par la succession de générations creuses à des générations pleines aboutit-elle au fil du temps à une augmentation du poids relatif des personnes plus âgées. A un certain moment les générations creuses se trouvent confrontées aux générations pleines ayant atteint l'âge de la retraite. Une espérance de vie aux âges plus élevés en nette augmentation (voir plus haut) entraîne évidemment un gonflement des effectifs concernés.

Si l'accroissement du nombre absolu de personnes âgées est indéniable, leur poids relatif dans la population totale ne progresse que beaucoup plus faiblement. Ceci est dû à une forte immigration nette qui alimente de façon quasi-permanente, les classes d'âges plus jeunes.

Les 65 ans et les 80 ans et plus
  65 ans et plus 80 ans et plus
Année Effectifs en % de la population totale Effectifs en % de la population totale
1970
42 800
12.6
5 900
1.7
1980
49 600
13.6
8 200
2.3
1990
50 800
13.4
11 600
3.1
2000
61 100
14.0
13 000
3.0
Source: STATEC

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Vers les 700 000 habitants ?

L'accélération de la croissance démographique au cours de la première moitié des années 1990 avait amené le STATEC à proposer, pour ses projections de population, une variante aboutissant à plus de 700 000 habitants à l'horizon 2050. A côté d'un accroissement de la fécondité avec un nombre moyen d'enfants par femme de 1,95 à partir de 2020, ce sont des soldes migratoires annuels de quelque 4 000 personnes - égaux à ceux observés avant l'année de base et maintenus sur l'ensemble de la période de projection - qui expliquent cette progression élevée.

Du moment qu'ils partent d'une immigration nette se situant autour de 4 000, les scénarios du Bureau International du Travail, de l'ONU, d'EUROSTAT ou de la Banque Centrale du Luxembourg arrivent à un résultat similaire : dans cinquante ans, le Luxembourg compterait quelque 700 000 habitants. L'hypothèse du maintien d'une forte immigration ne se justifie que si l'on table sur une croissance économique élevée engendrant d'importants besoins en main-d'oeuvre. Autre incertitude : dans quelle mesure cette nouvelle main-d'oeuvre va-t-elle venir habiter au Grand-Duché ? La demande future de travail ne pourrait-elle pas être satisfaite par un recours encore plus important aux travailleurs frontaliers ?


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