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> home > 2 - Les structures économiques > 2.1. Population de résidence, population active et emploi > 2.1.2 Emploi

2.1.2 Emploi

Vers le niveau supérieur

Forte croissance depuis le milieu des années quatre-vingt

L'allure de la courbe retraçant les taux de progression annuels de l'emploi intérieur depuis 1970, démontre que le remarquable dynamisme de ces dernières années n'est pas la règle. Durant les 10 années suivant le début de la crise dans la sidérurgie, en 1975, l'emploi stagne ou est même en recul à certains moments. Ce n'est qu'ultérieurement que l'emploi prend son envol avec un taux d'accroissement moyen annuel de 3.5% et une augmentation de plus de 110 000 entre 1986 et 2001 (à comparer aux 20 000 de la période 1970-1985). Au milieu de 2002, l'emploi intérieur atteint quelque 285 000 personnes.

Le caractère exceptionnel de la croissance de l'emploi devient encore apparent lorsqu'on la compare à celle dans les régions limitrophes.

Au Luxembourg, l'emploi augmente de plus de 40%. Si la Rhénanie-Palatinat, avec un taux d'accroissement légèrement supérieur à 15% enregistre encore une légère progression, la Sarre, la Lorraine ainsi que la Wallonie stagnent.

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Tertiairisation de l'emploi

La répartition par secteur d'activité connaît de profonds bouleversements. Dans l'industrie, la régression de la sidérurgie entraîne une nette chute de l'emploi qui de quelque 68 000 en 1975 passe à moins de 55 000 dix ans plus tard. La remontée observée depuis lors, a lieu principalement dans la construction.

Le point saillant reste cependant l'extraordinaire expansion des services qui voient leurs effectifs doubler au cours des vingt-cinq dernières années. Le développement de la place financière ainsi que les besoins croissants du secteur public sont les moteurs de cette évolution. Aujourd'hui, le secteur des services représente plus des trois-quarts de l'emploi total.

Ces mutations ne restent pas sans conséquences au niveau du statut professionnel, où l'on assiste à une diminution constante du poids des ouvriers et des non salariés. Alors qu'en 1970, la moitié des personnes occupées sur le territoire du Grand-Duché sont encore des ouvriers, cette proportion n'est plus que d'environ 38 % en 2000. En même temps, la part des employés et fonctionnaires s'accroît de 30 % à plus de 55 %. Entre 1970 et 1990, l'évolution des non salariés se ressent surtout du recul de l'agriculture. La stabilisation de leur nombre absolu au cours de la période récente, ne peut cacher une perte de leur importance relative dans une situation où l'emploi salarié se développe fortement.

Emploi par statut professionnel
  1970 1981 1991 2001
Statut professionnel Total Natio-
naux
Etran-
gers
Total Natio-
naux
Etran-
gers
Total Natio-
naux
Etran-
gers
Total Natio-
naux
Etran-
gers
Tous statuts 119 672 93 575 26 097 145 334 100 761 44 573 158 095 102 468 55 627 186 381 107 370 79 011
Indépendants et patrons 13 526 12 443 1 083 14 401 12 194 2 207 14 917 11 689 3 228 20 011 13 906 6 105
Ouvriers 60 962 42 175 18 787 67 718 38 155 29 563 63 526 32 101 31 425 64 582 25 783 38 799
Employés et fonctionnaires 45 184 38 957 6 227 63 215 50 412 12 803 79 652 58 678 20 974 101 788 67 701 34 087
Tous statuts 100.0% 100.0% 100.0% 100.0% 100.0% 100.0% 100.0% 100.0% 100.0% 100.0% 100.0% 100.0%
Indépendants et patrons 11.3% 13.3% 4.1% 9.9% 12.1% 5.0% 9.4% 11.4% 5.8% 10.7% 10.9% 7.7%
Ouvriers 50.9% 45.1% 72.0% 46.6% 37.9% 66.3% 40.2% 31.3% 56.5% 34.7% 29.9% 49.1%
Employés et fonctionnaires 37.8% 41.6% 23.9% 43.5% 50.0% 28.7% 50.4% 57.3% 37.7% 54.6% 54.7% 43.1%
Tous statuts 100.0% 78.2% 21.8% 100.0% 69.3% 30.7% 100.0% 64.8% 35.2% 100.0% 57.6% 42.4%
Indépendants et patrons 100.0% 92.0% 8.0% 100.0% 84.7% 15.3% 100.0% 78.4% 21.6% 100.0% 69.5% 30.5%
Ouvriers 100.0% 69.2% 30.8% 100.0% 56.3% 43.7% 100.0% 50.5% 49.5% 100.0% 39.9% 60.1%
Employés et fonctionnaires 100.0% 86.2% 13.8% 100.0% 79.7% 20.3% 100.0% 73.7% 26.3% 100.0% 66.5% 33.5%
Source: STATEC

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L'apport des étrangers

C'est moins la tertiairisation de l'emploi, observée également dans d'autres pays européens, qui caractérise l'économie luxembourgeoise que l'explosion de la demande de travail et la manière dont celle-ci est satisfaite. Depuis longtemps, la seule main-d'oeuvre autochtone se révèle insuffisante pour couvrir les besoins en main-d'oeuvre comme le montre le graphique relatif à l'emploi intérieur total et à l'emploi autochtone.

L'offre émanant des personnes habitant au Luxembourg est déterminée en premier lieu par la population en âge de travailler couvrant généralement les 15 à 64 ans. Si les effectifs afférents des nationaux ne varient guère entre 1970 et 2001, le degré de participation à la vie économique mesuré par le taux d'activité connaît de profonds changements. Avant 25 ans, l'extension de la scolarité, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, conduit à une chute vertigineuse des taux d'activité aux âges en question. Chez les hommes de 15 à 19 ans, p.ex. il diminue de 51.9 % à 18.0 %. Comme, en même temps, les hommes de nationalité luxembourgeoise sont de plus en plus nombreux à quitter le marché du travail entre 55 et 64 ans, leur potentiel socio-démographique se réduit considérablement, de sorte que la nette progression de l'activité féminine n'aboutit finalement qu'à une augmentation relativement modeste de l'offre de travail autochtone.

Population active 15 à 64 ans
 
Population totale
Nationaux
Etrangers
Année Population active Effectifs 15-64 Taux d'activité Population active Effectifs 15-64 Taux d'activité Population active Effectifs 15-64 Taux d'activité
Les deux sexes
1970 126 461 221 835 57.0% 99 686 179 917 55.4% 26 775 41 918 63.9%
1981 151 729 247 558 61.3% 105 727 180 865 58.5% 46 002 66 693 69.0%
19911 167 240 266 460 62.8% 106 466 180 187 59.1% 60 774 85 887 70.8%
20012 193 900 295 300 65.7% 109 700 176 200 62.3% 84 200 119 100 70.7%
Hommes
1970 93 638 110 298 84.9% 74 165 89 088 83.2% 19 473 21 210 91.8%
1981 101 347 123 864 81.8% 71 284 90 225 79.0% 30 063 33 639 89.4%
19911 105 864 135 200 78.3% 68 719 91 251 75.3% 37 145 43 734 84.9%
20012 114 100 149 400 76.4% 65 800 89 500 73.5% 48 300 59 900 80.6%
Femmes
1970 32 823 111 537 29.4% 25 521 90 829 28.1% 7 302 20 708 35.3%
1981 50 382 123 694 40.7% 34 443 90 640 38.0% 15 939 33 054 48.2%
19911 60 742 131 260 46.3% 37 747 88 936 42.4% 22 788 42 153 54.1%
20012 79 800 145 900 54.7% 43 900 86 700 50.6% 35 900 59 200 60.6%
Source: STATEC
1 Au RP91, des indications sur la nationalité manquent pour un certain nombre de recensés.
2 La population active est estimée en appliquant les taux d'activité obtenus à partir des répondants aux effectifs globaux qui sont connus
 

L'accroissement de 67 500 unités de la main-d'oeuvre disponible résidente totale, entre 1970 et 2001, est assurée à plus de 85 % par les étrangers établis au Grand-Duché.

Ces étrangers contribuent de manière décisive à l'augmentation de la population en âge de travailler. Chaque année, il y a une immigration nette positive et des personnes immigrées nées à l'étranger atteignent l'âge d'entrée sur le marché du travail. Il faut enfin prendre en considération la part croissante des naissances provenant de femmes immigrées. Quinze ans plus tard ces naissances alimentent la population en âge de travailler.

Outre cet apport démographique, les taux d'activité plus élevés des étrangers sont à noter.

Mais même cette très importante immigration ne suffit pas pour faire face à une demande de travail s'accroissant à un rythme extrêmement soutenu. A partir de 1985, le recours aux travailleurs frontaliers résidant dans l'un des trois pays limitrophes ne cesse de se développer. Ils sont plus de 100 000 et leur part dans l'emploi salarié total dépasse les 37%. Plus de la moitié d'entre eux sont originaires de France. Un peu moins de 30 % de Belgique et près de 20 % d'Allemagne.

Cet afflux massif de frontaliers constitue l'élément majeur de la mutation du marché du travail luxembourgeois survenu au cours des 20 dernières années. Ajouté à l'expansion continue de la main-d'oeuvre immigrée établie au Grand-Duché, il entraîne une chute de la part relative des nationaux dans l'emploi salarié total. De quelque 70% vers 1970, elle tombe à moins de 35%.

Un chômage peu élevé

La croissance vigoureuse de la demande de travail explique que le chômage reste relativement faible au Luxembourg. Le taux de chômage ne dépasse que rarement les 3%. A noter qu'un certain nombre de personnes au chômage ou menacées de chômage bénéficiant de diverses mesures de mise au travail sortent de la statistique du chômage. Ainsi, lors de la récession dans la sidérurgie, les salariés versés dans une division anti-crise (DAC) peuvent échapper au chômage.

Depuis 1997, les demandeurs d'emploi bénéficiant d'une mesure de mise à l'emploi rémunérée ne figurent plus dans la statistique du chômage officielle publiée par l'Administration de l'Emploi. En les intégrant, on arrive au chômage dit 'officiel élargi' figurant également au graphique afférent. Si le profil de l'évolution du chômage dans la Grande Région ne diffère guère de celui du chômage national, son niveau demeure plus élevé.

Le Plan d'Action National pour l'Emploi

La principale recommandation adressée au Luxembourg par l'UE a trait aux taux d'emploi c.-à-d. à la proportion de personnes exerçant une activité rémunérée. Ces taux sont jugés trop bas chez les 55 à 64 ans, ainsi que chez les femmes, en général.

Afin d'analyser les raisons des sorties précoces des travailleurs âgés de la vie professionnelle, le gouvernement et les partenaires sociaux ont pris la décision de faire réaliser une étude approfondie sur ce sujet. Concernant l'emploi des femmes, ils ont été d'avis que la progression régulière observée depuis quelques années montre que le Luxembourg est sur la bonne voie.

En effet, tout en restant en deçà des objectifs de l'UE concernant le taux d'emploi des femmes (plus de 60%), le taux correspondant du Luxembourg a augmenté de 8.3% entre 1995 et 2001 et dépasse les 50%.

Suivant les objectifs de l'UE, le taux d'emploi des travailleurs âgés (55-64 ans) devrait atteindre les 50%. Au Luxembourg, ce taux est de 24.4% en 2001 et n'a pratiquement pas augmenté depuis 1995. Parmi les pays de l'Europe des 15, seule la Belgique a un taux plus faible (24.1%).


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