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    21-03-2010 - 07:10 (GMT+0100) ImprimerEnvoyer à

> home > 2 - Les structures économiques > 2.3. Les relations économiques extérieures

2.3. Les relations économiques extérieures

Vers le niveau supérieur

Une économie ouverte

Dès les débuts de son développement industriel, une économie de très petit espace est contrainte à l'ouverture. Cette obligation est bien réelle dans différents domaines, qu'il s'agisse de l'accès aux facteurs de production et à la technologie ou encore de l'approvisionnement et de l'écoulement de biens et services. Tout au long du processus de développement économique, le Luxembourg a eu un recours accru au capitaux étrangers et à la force de travail originaire d'autres pays. Par ailleurs, il a été contraint d'importer de nombreux biens et services et d'exporter une large part de la production. En 2001, le Luxembourg enregistre de loin le degré d'ouverture le plus élevé des pays de l'Union Européenne.

Thumbnail 2.3.1 Exportations de biens et de services en pourcentage du PIB à prix courants 2001

Les multiples efforts d'intégration et la longue expérience de concurrence internationale sont sans doute des atouts dans un environnement économique de plus en plus internationalisé, voire globalisé.

Au vu des résultats de la balance courante, le Luxembourg a plutôt bien réussi son insertion internationale ainsi que sa mutation structurelle. La spécialisation dans des secteurs porteurs et performants a permis de confirmer l'excédent de la balance des paiements courants.

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Investissements étrangers

Il est généralement admis que la variable cruciale du développement économique est le stock de capital. Pour une économie fermée, le niveau d'investissement d'un pays dépend ainsi de l'épargne nationale. Une économie ouverte, de petite taille de surcroît, peut et doit étendre ses opportunités d'investissement en recourant au capital étranger. Evidemment, elle s'expose ainsi à une dépendance extérieure.

La première véritable révolution industrielle du Luxembourg (dans la deuxième moitié du 19e siècle) n'a pu se faire que grâce à l'apport de capitaux financiers et de technologie en provenance de l'Allemagne et de la Belgique. Certes, au départ, des personnalités luxembourgeoises hors du commun ont joué un rôle important et au fil du temps un grand nombre d'ingénieurs luxembourgeois ont assumé des fonctions dirigeantes; il n'empêche que l'apport étranger en capitaux financiers et en savoir-faire ont été déterminants pour le décollage.

A l'époque, ces apports étrangers de capitaux étaient une condition sine qua non puisque le Luxembourg était, au lendemain de son indépendance en 1839, un pays agraire pauvre. Cette ouverture aux capitaux étrangers a assuré au Luxembourg l'implantation d'une grande industrie et le véritable décollage économique.

Dans la phase de reconstruction après la seconde guerre mondiale, et plus particulièrement à partir de la fin des années 1950, les pouvoirs publics ont initié des politiques de diversification de l'appareil productif. En dépit d'un niveau de vie élevé et d'une épargne nationale non négligeable, la diversification a été réalisée en très grande partie par l'apport de capitaux étrangers. A de rares exceptions près, les principales nouvelles activités industrielles ou tertiaires lancées au Luxembourg depuis la fin des années 1950 trouvent à leur origine un apport étranger. En 2002, onze des treize principales entreprises industrielles sont objet d'investissements directs de l'étranger. Dans le secteur bancaire la quasi-totalité des quelque 180 banques de la place dépendent de l'étranger. Alors que les capitaux allemands sont prééminents dans le secteur bancaire, ceux des Etats-Unis dominent l'industrie.

Malgré son développement dynamique et l'appréciation de sa capacité de financement, l'économie luxembourgeoise recourt régulièrement aux ressources étrangères. Ce qui singularise donc cette économie de très petit espace, c'est que les résidents investissent facilement dans l'immobilier ou - par banque interposée - à l'étranger et que des capitaux étrangers cherchent et trouvent régulièrement des opportunités à y investir dans les secteurs producteurs de biens et de services.

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Force de travail étrangère

Dans la plupart des pays, la disponibilité des ressources en travail est fonction de l'évolution démographique - le mouvement migratoire n'intervenant que marginalement. Au Luxembourg, l'immigration a largement marqué et accompagné les différentes phases d'expansion économique.

Dès les premières phases de l'industrialisation un mouvement d'immigration, notamment d'Allemagne, a été enregistré. Par vagues successives d'autres travailleurs venus d'Italie et, ultérieurement du Portugal, ont répondu aux besoins de maints secteurs économiques. Au cours des dernières années, le recours aux ressources étrangères en travail est devenu inévitable, compte tenu de l'expansion exceptionnelle des activités et d'une évolution démographique ne permettant pas de couvrir la demande de main-d'oeuvre. Depuis le milieu des années 1980, une demande prononcée s'est adressée aux frontaliers.

Normalement fonction des contraintes de la dimension du petit espace et de l'évolution démographique, l'offre de travail du Luxembourg devient pratiquement illimitée. Par ailleurs, le recours aux ressources en travail est également fonction du niveau de rémunération. Un dilemme peut se présenter:

  • pour assurer une offre d'emploi suffisante, il faut garantir des salaires élevés;
  • pour encourager de nouveaux investissements, les coûts salariaux doivent être compétitifs.

A l'heure actuelle, le Luxembourg réussit à répondre aux deux critères, grâce notamment à un coût indirect de la main d'oeuvre (sécurité sociale + formation professionnelle + autres dépenses) inférieur à celui des pays limitrophes. Sans être un pays à bas salaires, le niveau des charges salariales demeure inférieur à celui de la majorité des Etats membres de l'Union Européenne.

 

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Echanges de biens et de services

Au cours du dernier quart du 20e siècle, les changements structurels fondamentaux de l'économie luxembourgeoise ont eu une répercussion évidente sur les échanges extérieurs. Alors que les exportations de biens représentaient en 1970 plus de 2 fois la valeur des exportations de services , elles n'en représentent plus qu'une fraction aujourd'hui.

La prépondérance du secteur des services a, en outre, engendré une distorsion entre les soldes dégagés au niveau des biens et des services : alors que l'excédent de la balance des services s'accroît, le déficit commercial a tendance à s'aggraver.

Les causes de ce renversement sont évidentes : il a son origine dans la crise de l'acier et l'expansion des banques depuis le milieu des années 1970. Remarquons toutefois que les activités de services autres que bancaires ont également connu une large percée sur les marchés extérieurs : ils représentent aujourd'hui près de la moitié des exportations de biens, contre à peine un septième en 1970.

Outre le renversement, évoqué ci-dessus, concernant l'importance relative des échanges de biens, d'une part, et de services, d'autre part, l'évolution des soldes excédentaires, resp. déficitaires, a une caractéristique particulière : à l'exception d'un faible déficit en 1964, la balance des paiements courants du Luxembourg s'est toujours soldée par un excédent qui n'a cessé de croître jusqu'au milieu des années 1990.

Compte tenu de la prédominance du secteur industriel, la balance commerciale a largement déterminé le solde de la balance courante jusqu'au début des années 1970. Depuis 1975, seule la balance des services se solde par un excédent ; la balance commerciale et la balance des transferts courants dégagent un déficit devenu désormais structurel.

Exportations de biens et de services - Principales catégories par ordre décroissant pour l'année 2001
 
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
Var1
95-01
PR2
1995
PR2
2001
  Unité: millions d' EUR      
Services financiers 3 845 4 677 5 947 7 004 9 454 13 966 13 772 23.7 27.3 42.8
Métaux communs et ouvrages en ces matières 2 002 1 764 2 070 2 153 2 118 2 564 2 582 4.3 14.2 8.0
Machines et appareils 934 1 088 1 195 1 679 1 877 2 317 2 498 17.8 6.6 7.8
Voyages 1 316 1 345 1 548 1 573 1 708 1 956 2 138 8.4 9.3 6.7
Autres services aux entreprises 1 015 1 158 1 222 1 382 1 361 1 579 1 755 9.6 7.2 5.5
Services de transport 535 577 821 892 1 076 1 444 1 528 18.0 3.8 4.5
Services d'assurance 448 536 640 665 840 1 029 1 038 15.0 3.2 3.2
Matières plastiques, caoutchouc 798 779 805 856 814 869 902 2.1 5.7 2.8
Services de communication 263 383 442 468 579 734 823 20.9 1.9 2.6
Matières textiles et ouvrages en ces matières 392 291 341 409 430 448 487 3.7 2.8 1.5
Sous-total 11 549 12 598 15 030 17 081 20 257 26 906 27 439 15.5 81.9 85.3
Autres Biens et services 2 546 2 730 3 092 3 358 3 642 4 193 4 716 10.8 18.1 14.7
Total Biens 6 264 6 096 6 865 7 697 8 046 9 387 10 087 8.3 44.4 31.4
Total Services 7 830 9 233 11 257 12 742 15 853 21 712 22 067 18.8 55.6 68.6
Total Biens et Services 14 094 15 328 18 122 20 439 23 900 31 100 32 154 14.7 100.0 100.0
Part relative du sous-total dans le total global 81.9 82.2 82.9 83.6 84.8 86.5 85.3      
Source: STATEC
1 Taux d'accroissement annuel moyen
2 Part relative

Importations de biens et de services - Principales catégories par ordre décroissant pour l'année 2001
 
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
Var1
95-01
PR2
1995
PR2
2001
  Unité: millions d' EUR      
Services financiers 2 331 2 893 3 698 4 469 5 875 8 259 8 198 23.3 17.9 29.6
Machines et appareils 1 263 1 344 1 542 2 052 2 149 2 598 2 809 14.3 9.7 10.1
Autres services aux entreprises 936 1 100 1 187 1 272 1 308 1 720 1 947 13.0 7.2 7.0
Métaux communs et ouvrages en ces matières 1 322 1 225 1 355 1 554 1 433 1 836 1 837 5.6 10.2 6.6
Matériel de transport 1 017 1 065 1 340 1 476 2 045 1 771 1 801 10.0 7.8 6.5
Voyages 868 913 996 1 202 1 242 1 427 1 637 11.1 6.7 5.9
Produits minéraux et énergétiques 677 705 740 650 711 1 159 1 069 7.9 5.2 3.9
Services de transport 484 555 684 669 770 905 1 026 13.4 3.7 3.7
Produits chimiques 631 572 615 681 735 819 797 4.0 4.9 2.9
Services d'assurance 346 446 468 504 612 745 720 13.0 2.7 2.6
Sous-total 9 875 10 818 12 625 14 529 16 881 21 239 21 842 14.1 76.0 78.8
Autres biens et services 3 118 3 272 3 763 4 161 4 374 5 041 5 890 11.2 24.0 21.2
Total Biens 7 502 7 575 8 672 9 770 10 474 11 956 12 850 9.4 57.7 46.3
Total Services 5 491 6 515 7 716 8 920 10 780 14 324 14 881 18.1 42.3 53.7
Total Biens et Services 12 993 14 090 16 387 18 690 21 255 26 280 27 732 13.5 100.0 100.0
Part relative du sous-total dans le total global 76.0 76.8 77.0 77.7 79.4 80.8 78.8      
Source: STATEC
1 Taux d'accroissement annuel moyen
2 Part relative
 

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Echanges de biens

Déficit commercial structurel

La dépendance énergétique, l'augmentation des importations de biens intermédiaires, ainsi que le triplement de la consommation des ménages sont les facteurs majeurs de l'aggravation du déficit commercial depuis le milieu des années 1970. Néanmoins, la mutation structurelle de l'économie luxembourgeoise a également contribué à l'accroissement du déficit commercial. En effet, la plupart des activités de services nécessitent au départ un important investissement, qui se traduit notamment par une importation de biens d'équipements. En outre, tout au long du processus de production de services, des biens matériels rentrant dans la consommation intermédiaire et/ou servant de support en vue de l'échange des services sont également achetés à l'étranger. Alors que les importations de biens d'équipements et de biens intermédiaires grèvent la balance commerciale, les ventes du secteur tertiaire sont reprises dans la balance des services.

A cet effet direct de la mutation structurelle s'ajoute encore un effet induit : il faut en effet considérer que le pouvoir d'achat généré dans le secteur tertiaire est en partie affecté à l'achat de biens de consommation importés. La balance commerciale est ainsi de plus en plus influencée par des facteurs autres que les échanges de biens en relation avec l'activité physique de production (industrie).

Diversification des produits

Au cours des trente dernières années, la structure des exportations de marchandises s'est profondément modifiée et aujourd'hui les produits métalliques ne représentent plus qu'un tiers de la valeur totale, contre plus des deux tiers en 1973. Ce chambardement a été la conséquence tant des crises sidérurgiques et de la restructuration subséquente du secteur, que des effets positifs de la diversification industrielle.

En dépit de l'accentuation de la spécialisation dans les biens intermédiaires, la gamme des produits exportés s'est élargie : aux produits de plus longue tradition (e.a. produits agro-alimentaires, pneumatiques, produits plastiques et textiles, faïence) se sont ajoutés e.a. le verre, les métaux non ferreux (cuivre et aluminium), les supports en papier et les supports informatiques.

Outre cette tendance générale, la ventilation par groupe de produits permet de dégager quelques caractéristiques structurelles, et notamment deux formes de diversification : intra-gamme et novatrice.

Traditionnellement le Luxembourg était largement tributaire de matières premières et produits énergétiques. Toutefois au cours des trois dernières décennies les approvisionnements en demi-produits se sont substitués à certaines matières premières. Par rapport aux périodes précédentes, les importations de produits rentrant dans la consommation intermédiaire se sont présentées sous des formes plus évoluées.

Les produits minéraux et énergétiques - qui représentaient jusqu'en 1982 un quart de importations totales - ont vu leur part se réduire à un dixième, à la suite du recul des activités sidérurgiques, du fléchissement relatif des prix pétroliers et des efforts d'économie d'énergie.

Le renforcement et la modernisation de la structure productive, d'une part, et les efforts de diversification des secteurs industriels et de service, d'autre part, sont à l'origine de certaines poussées d'importations de biens d'équipements. La restructuration périodique de l'équipement industriel est une condition de base à la compétitivité et génère d'importantes importations de machines et appareils. A cette demande traditionnelle du secteur industriel s'ajoutent également d'importants approvisionnements de certains secteurs de services - importateurs de biens d'équipement sophistiqués et de haute technologie (e.a. appareils de communications, aéronefs...).

L'accroissement démographique et le relèvement du niveau de vie ont engendré des importations accrues de biens de consommation de toute sorte. Depuis les années 1980, ce phénomène s'est renforcé par des activités d'import/export, ainsi que par des importations croissantes de biens de consommation destinés aux non résidents (hydrocarbures, tabacs, alccols …).

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Concentration géographique

La structure géographique des exportations a été relativement stable au cours des dernières décennies : la part des exportations intra-communautaires ayant représenté environ 80 % - les pays limitrophes couvrant même plus de 60 %. Entre ces trois marchés une redistribution s'est opérée. Le marché belge a perdu en importance relative aux dépens des marchés allemand et français. Plus généralement, c'est vers le noyau créateur de la Communauté Européenne que le Luxembourg exporte principalement. Ceci s'explique toutefois autant par des raisons de proximité géographique et de relations économiques générales, que par des effets particuliers de la création du Marché Commun. Les exportations vers les autres (nouveaux) Etats membres de l'Union européenne représentent généralement moins d'un pourcent des exportations totales.

L'orientation générale vers le marché communautaire doit toutefois être quelque peu nuancée selon les groupes de produits. Tant le niveau que l'évolution des cinq principaux groupes de produits divergent sensiblement.

Pour le principal groupe de produits - les métaux - l'on note un léger rétrécissement de la part de marché. A plusieurs reprises ce secteur a tenté une orientation plus forte vers la grande exportation (extra-communautaire) pour écouler une partie de sa production.

D'autres secteurs très dynamiques, comme par exemple les industries des matières plastiques et des pneumatiques, ont également réussi des percées sur d'autres continents ce qui explique le recul relatif de leurs ventes dans l'Union Européenne.

La Belgique est de loin le principal pays fournisseur du Luxembourg, suivi par l'Allemagne. Couvrant entre 10 et 15 % des importations du Luxembourg, la France occupe la troisième place. Au total les trois pays limitrophes assurent, selon le concept de provenance directe, plus de 80 % des importations totales du Luxembourg. Même si cette prépondérance fléchit un peu dans l'optique du pays d'origine, elle reste tout de même de taille (de quelque 70 %).

Globalement le Luxembourg s'approvisionne à raison de 95 % sur le Vieux continent. Traditionnellement les fournitures des pays de l'AELE et des Etats-Unis ont déterminé les importations extra-UE du Luxembourg. Au cours des dernières années, la poussée des importations en provenance de l'Asie a engendré un rééquilibrage entre les livraisons des pays de l'AELE, celles du continent américain et celles du continent asiatique.

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Excédent croissant des services

L'excédent croissant de la balance des services est en premier lieu dû aux recettes nettes touchées par le Luxembourg en raison des activités internationales de prestation de services financiers.

Il faut souligner toutefois que les services autres que bancaires contribuent également aux résultats positifs de la balance des services. Mentionnons entre autres les activités de transports aériens, les services de radio - télévision, les télécommunications, les services d'assurances et les recettes au titre de « voyages ».

Les recettes au titre des activités de voyages sont la catégorie la plus importante après les services financiers. Entre 1995 et 2001, la somme totale a quasiment doublé. Cette rubrique n'enregistre pas seulement les dépenses de tourisme au sens strict - à savoir les dépenses des non-résidents qui séjournent au moins une nuit au Luxembourg. On y inclut également les dépenses des excursionnistes, des frontaliers et d'autres non-résidents de passage réalisant leurs emplettes sur le territoire. Les achats de produits accisables (essence, tabac, boissons alcooliques) par des non-résidents représentent une part importante des recettes de la rubrique "voyages". Par ailleurs, les dépenses des salariés frontaliers sont également en progression constante, compte tenu de la croissance annuelle considérable du nombre des frontaliers » et s'élèvent en 2002 à quelque 786 millions d'euros.
Alors que les revenus du capital continuent à dégager un excédent, les revenus du travail se soldent depuis le milieu des années 1980 par un déficit toujours croissant. Le rythme d'accroissement exceptionnel enregistré au cours des dernières années pour le nombre des frontaliers venant travailler au Luxembourg est à l'origine de cette évolution ; en 2000 plus de 100 000 frontaliers ont été enregistrés au Luxembourg, contre 17 000 en 1985.

Flux de revenus en relation avec la rémunération des salariés
 
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
  Unité: Millions d'euros
Credit 531.6 548.54 574.4 589.1 611.4 627.2 644.0
Debit 1 617.9 1 768.8 1 968.2 2 205.3 2 532.1 2 956.3 3 507.1
Solde -1 086.3 -1 220.2 -1 393.8 -1 616.2 -1 920.7 -2 329.1 -2 863.1
Source: STATEC

La rémunération des salariés retrace du côté du crédit, les revenus bruts (en ce compris les cotisations sociales et impôts) touchés par des résidents travaillant à l'étranger et du, côté du débit, la somme des rémunérations brutes revenant à des salariés nonrésidents travaillant au Luxembourg. Ce dernier flux se rapporte donc évidemment à la rémunération du nombre important de frontaliers. La masse salariale par tête de frontalier est passée de EUR 21 150 à EUR 36 040, soit une progression annuelle moyenne de 3.6 %.

Du côté crédit, l'on enregistre - par analogie - la rémunération des quelque 700 salariés résidents travaillant dans un pays limitrophe ainsi que des fonctionnaires internationaux et agents locaux résidant au Luxembourg et travaillant dans une organisation internationale établie au Luxembourg ou à l'étranger. En 2001 ils étaient 7 700 à habiter le Luxembourg, sur un total de
9 500 travaillant au Luxembourg ; les autres 1 800 habitent dans la région limitrophe. Parmi les organisations concernées prédominent évidemment les institutions européennes installées majoritairement au Kirchberg. A celles-ci il faut ajouter d'autres organisations internationales, comme la NAMSA et Eurocontrol. Les fonctionnaires internationaux et agents locaux résidents ont touché une rémunération annuelle moyenne de EUR 77 590.


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