Une économie ouverte
Dès les débuts de son développement industriel, une économie
de très petit espace est contrainte à l'ouverture. Cette
obligation est bien réelle dans différents domaines, qu'il
s'agisse de l'accès aux facteurs de production et à
la technologie ou encore de l'approvisionnement et de l'écoulement
de biens et services. Tout au long du processus de développement économique,
le Luxembourg a eu un recours accru au capitaux étrangers et à
la force de travail originaire d'autres pays. Par ailleurs, il a été
contraint d'importer de nombreux biens et services et d'exporter
une large part de la production. En 2001, le Luxembourg enregistre de loin le
degré d'ouverture le plus élevé des pays de l'Union
Européenne.
Les multiples efforts d'intégration et la longue expérience
de concurrence internationale sont sans doute des atouts dans un environnement
économique de plus en plus internationalisé, voire globalisé.
Au vu des résultats de la balance courante, le Luxembourg a plutôt
bien réussi son insertion internationale ainsi que sa mutation structurelle.
La spécialisation dans des secteurs porteurs et performants a permis
de confirmer l'excédent de la balance des paiements courants.

Investissements étrangers
Il est généralement admis que la variable cruciale du développement
économique est le stock de capital. Pour une économie fermée,
le niveau d'investissement d'un pays dépend ainsi de l'épargne
nationale. Une économie ouverte, de petite taille de surcroît,
peut et doit étendre ses opportunités d'investissement en
recourant au capital étranger. Evidemment, elle s'expose ainsi
à une dépendance extérieure.
La première véritable révolution industrielle du Luxembourg
(dans la deuxième moitié du 19e siècle) n'a pu se
faire que grâce à l'apport de capitaux financiers et de technologie
en provenance de l'Allemagne et de la Belgique. Certes, au départ,
des personnalités luxembourgeoises hors du commun ont joué un
rôle important et au fil du temps un grand nombre d'ingénieurs
luxembourgeois ont assumé des fonctions dirigeantes; il n'empêche
que l'apport étranger en capitaux financiers et en savoir-faire
ont été déterminants pour le décollage.
A l'époque, ces apports étrangers de capitaux étaient
une condition sine qua non puisque le Luxembourg était, au lendemain
de son indépendance en 1839, un pays agraire pauvre. Cette ouverture
aux capitaux étrangers a assuré au Luxembourg l'implantation
d'une grande industrie et le véritable décollage économique.
Dans la phase de reconstruction après la seconde guerre mondiale, et
plus particulièrement à partir de la fin des années 1950,
les pouvoirs publics ont initié des politiques de diversification de
l'appareil productif. En dépit d'un niveau de vie élevé
et d'une épargne nationale non négligeable, la diversification
a été réalisée en très grande partie par
l'apport de capitaux étrangers. A de rares exceptions près,
les principales nouvelles activités industrielles ou tertiaires lancées
au Luxembourg depuis la fin des années 1950 trouvent à leur origine
un apport étranger. En 2002, onze des treize principales entreprises
industrielles sont objet d'investissements directs de l'étranger.
Dans le secteur bancaire la quasi-totalité des quelque 180 banques de
la place dépendent de l'étranger. Alors que les capitaux
allemands sont prééminents dans le secteur bancaire, ceux des
Etats-Unis dominent l'industrie.
Malgré son développement dynamique et l'appréciation
de sa capacité de financement, l'économie luxembourgeoise
recourt régulièrement aux ressources étrangères.
Ce qui singularise donc cette économie de très petit espace, c'est
que les résidents investissent facilement dans l'immobilier ou
- par banque interposée - à l'étranger et que des
capitaux étrangers cherchent et trouvent régulièrement
des opportunités à y investir dans les secteurs producteurs de
biens et de services.

Force de travail étrangère
Dans la plupart des pays, la disponibilité des ressources en travail
est fonction de l'évolution démographique - le mouvement
migratoire n'intervenant que marginalement. Au Luxembourg, l'immigration
a largement marqué et accompagné les différentes
phases d'expansion économique.
Dès les premières phases de l'industrialisation un mouvement
d'immigration, notamment d'Allemagne, a été enregistré.
Par vagues successives d'autres travailleurs venus d'Italie et,
ultérieurement du Portugal, ont répondu aux besoins de maints
secteurs économiques. Au cours des dernières années, le
recours aux ressources étrangères en travail est devenu inévitable,
compte tenu de l'expansion exceptionnelle des activités et d'une
évolution démographique ne permettant pas de couvrir la demande
de main-d'oeuvre. Depuis le milieu des années 1980, une demande
prononcée s'est adressée aux frontaliers.
Normalement fonction des contraintes de la dimension du petit espace et de
l'évolution démographique, l'offre de travail du Luxembourg
devient pratiquement illimitée. Par ailleurs, le recours aux ressources
en travail est également fonction du niveau de rémunération.
Un dilemme peut se présenter:
- pour assurer une offre d'emploi suffisante, il faut garantir des
salaires élevés;
- pour encourager de nouveaux investissements, les coûts salariaux
doivent être compétitifs.
A l'heure actuelle, le Luxembourg réussit à répondre
aux deux critères, grâce notamment à un coût indirect
de la main d'oeuvre (sécurité sociale + formation professionnelle
+ autres dépenses) inférieur à celui des pays limitrophes.
Sans être un pays à bas salaires, le niveau des charges salariales
demeure inférieur à celui de la majorité des Etats membres
de l'Union Européenne.

Echanges de biens et
de services
Au cours du dernier quart du 20e siècle, les changements structurels
fondamentaux de l'économie luxembourgeoise ont eu une répercussion
évidente sur les échanges extérieurs. Alors que les exportations
de biens représentaient en 1970 plus de 2 fois la valeur des exportations
de services , elles n'en représentent plus qu'une fraction
aujourd'hui.
La prépondérance du secteur des services a, en outre, engendré
une distorsion entre les soldes dégagés au niveau des biens et
des services : alors que l'excédent de la balance des services
s'accroît, le déficit commercial a tendance à s'aggraver.
Les causes de ce renversement sont évidentes : il a son origine
dans la crise de l'acier et l'expansion des banques depuis le milieu
des années 1970. Remarquons toutefois que les activités de services
autres que bancaires ont également connu une large percée sur
les marchés extérieurs : ils représentent aujourd'hui
près de la moitié des exportations de biens, contre à peine
un septième en 1970.
Outre le renversement, évoqué ci-dessus, concernant l'importance
relative des échanges de biens, d'une part, et de services, d'autre
part, l'évolution des soldes excédentaires, resp. déficitaires,
a une caractéristique particulière : à l'exception
d'un faible déficit en 1964, la balance des paiements courants
du Luxembourg s'est toujours soldée par un excédent qui
n'a cessé de croître jusqu'au milieu des années
1990.
Compte tenu de la prédominance du secteur industriel, la balance commerciale
a largement déterminé le solde de la balance courante jusqu'au
début des années 1970. Depuis 1975, seule la balance des services
se solde par un excédent ; la balance commerciale et la balance
des transferts courants dégagent un déficit devenu désormais
structurel.
Exportations de biens et de services - Principales catégories par ordre décroissant
pour l'année 2001
| |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
Var1 95-01 |
PR2 1995 |
PR2 2001 |
| |
Unité:
millions d' EUR |
|
|
|
| Services financiers |
3 845 |
4 677 |
5 947 |
7 004 |
9 454 |
13 966 |
13 772 |
23.7 |
27.3 |
42.8 |
| Métaux communs et ouvrages en ces matières |
2 002 |
1 764 |
2 070 |
2 153 |
2 118 |
2 564 |
2 582 |
4.3 |
14.2 |
8.0 |
| Machines et appareils |
934 |
1 088 |
1 195 |
1 679 |
1 877 |
2 317 |
2 498 |
17.8 |
6.6 |
7.8 |
| Voyages |
1 316 |
1 345 |
1 548 |
1 573 |
1 708 |
1 956 |
2 138 |
8.4 |
9.3 |
6.7 |
| Autres services aux entreprises |
1 015 |
1 158 |
1 222 |
1 382 |
1 361 |
1 579 |
1 755 |
9.6 |
7.2 |
5.5 |
| Services de transport |
535 |
577 |
821 |
892 |
1 076 |
1 444 |
1 528 |
18.0 |
3.8 |
4.5 |
| Services d'assurance |
448 |
536 |
640 |
665 |
840 |
1 029 |
1 038 |
15.0 |
3.2 |
3.2 |
| Matières plastiques, caoutchouc |
798 |
779 |
805 |
856 |
814 |
869 |
902 |
2.1 |
5.7 |
2.8 |
| Services de communication |
263 |
383 |
442 |
468 |
579 |
734 |
823 |
20.9 |
1.9 |
2.6 |
| Matières textiles et ouvrages en ces matières |
392 |
291 |
341 |
409 |
430 |
448 |
487 |
3.7 |
2.8 |
1.5 |
| Sous-total |
11 549 |
12 598 |
15 030 |
17 081 |
20 257 |
26 906 |
27 439 |
15.5 |
81.9 |
85.3 |
| Autres Biens et services |
2 546 |
2 730 |
3 092 |
3 358 |
3 642 |
4 193 |
4 716 |
10.8 |
18.1 |
14.7 |
| Total Biens |
6 264 |
6 096 |
6 865 |
7 697 |
8 046 |
9 387 |
10 087 |
8.3 |
44.4 |
31.4 |
| Total Services |
7 830 |
9 233 |
11 257 |
12 742 |
15 853 |
21 712 |
22 067 |
18.8 |
55.6 |
68.6 |
| Total Biens
et Services |
14 094 |
15 328 |
18 122 |
20 439 |
23 900 |
31 100 |
32 154 |
14.7 |
100.0 |
100.0 |
| Part relative du sous-total dans le total global |
81.9 |
82.2 |
82.9 |
83.6 |
84.8 |
86.5 |
85.3 |
|
|
|
Source: STATEC
1 Taux d'accroissement annuel moyen
2 Part relative |
Importations de biens et de services - Principales catégories par ordre décroissant
pour l'année 2001
| |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
Var1 95-01 |
PR2 1995 |
PR2 2001 |
| |
Unité:
millions d' EUR |
|
|
|
| Services financiers |
2 331 |
2 893 |
3 698 |
4 469 |
5 875 |
8 259 |
8 198 |
23.3 |
17.9 |
29.6 |
| Machines et appareils |
1 263 |
1 344 |
1 542 |
2 052 |
2 149 |
2 598 |
2 809 |
14.3 |
9.7 |
10.1 |
| Autres services aux entreprises |
936 |
1 100 |
1 187 |
1 272 |
1 308 |
1 720 |
1 947 |
13.0 |
7.2 |
7.0 |
| Métaux communs et ouvrages en ces matières |
1 322 |
1 225 |
1 355 |
1 554 |
1 433 |
1 836 |
1 837 |
5.6 |
10.2 |
6.6 |
| Matériel de transport |
1 017 |
1 065 |
1 340 |
1 476 |
2 045 |
1 771 |
1 801 |
10.0 |
7.8 |
6.5 |
| Voyages |
868 |
913 |
996 |
1 202 |
1 242 |
1 427 |
1 637 |
11.1 |
6.7 |
5.9 |
| Produits minéraux et énergétiques |
677 |
705 |
740 |
650 |
711 |
1 159 |
1 069 |
7.9 |
5.2 |
3.9 |
| Services de transport |
484 |
555 |
684 |
669 |
770 |
905 |
1 026 |
13.4 |
3.7 |
3.7 |
| Produits chimiques |
631 |
572 |
615 |
681 |
735 |
819 |
797 |
4.0 |
4.9 |
2.9 |
| Services d'assurance |
346 |
446 |
468 |
504 |
612 |
745 |
720 |
13.0 |
2.7 |
2.6 |
| Sous-total |
9 875 |
10 818 |
12 625 |
14 529 |
16 881 |
21 239 |
21 842 |
14.1 |
76.0 |
78.8 |
| Autres biens et services |
3 118 |
3 272 |
3 763 |
4 161 |
4 374 |
5 041 |
5 890 |
11.2 |
24.0 |
21.2 |
| Total Biens |
7 502 |
7 575 |
8 672 |
9 770 |
10 474 |
11 956 |
12 850 |
9.4 |
57.7 |
46.3 |
| Total Services |
5 491 |
6 515 |
7 716 |
8 920 |
10 780 |
14 324 |
14 881 |
18.1 |
42.3 |
53.7 |
| Total Biens
et Services |
12 993 |
14 090 |
16 387 |
18 690 |
21 255 |
26 280 |
27 732 |
13.5 |
100.0 |
100.0 |
| Part relative du sous-total dans le total global |
76.0 |
76.8 |
77.0 |
77.7 |
79.4 |
80.8 |
78.8 |
|
|
|
Source: STATEC
1 Taux d'accroissement annuel moyen
2 Part relative |

Echanges de biens
Déficit commercial structurel
La dépendance énergétique, l'augmentation des importations
de biens intermédiaires, ainsi que le triplement de la consommation des
ménages sont les facteurs majeurs de l'aggravation du déficit
commercial depuis le milieu des années 1970. Néanmoins, la mutation
structurelle de l'économie luxembourgeoise a également contribué
à l'accroissement du déficit commercial. En effet, la plupart
des activités de services nécessitent au départ un important
investissement, qui se traduit notamment par une importation de biens d'équipements.
En outre, tout au long du processus de production de services, des biens matériels
rentrant dans la consommation intermédiaire et/ou servant de support
en vue de l'échange des services sont également achetés
à l'étranger. Alors que les importations de biens d'équipements
et de biens intermédiaires grèvent la balance commerciale, les
ventes du secteur tertiaire sont reprises dans la balance des services.
A cet effet direct de la mutation structurelle s'ajoute encore un effet
induit : il faut en effet considérer que le pouvoir d'achat
généré dans le secteur tertiaire est en partie affecté
à l'achat de biens de consommation importés. La balance
commerciale est ainsi de plus en plus influencée par des facteurs autres
que les échanges de biens en relation avec l'activité physique
de production (industrie).
Diversification des produits
Au cours des trente dernières années, la structure des exportations
de marchandises s'est profondément modifiée et aujourd'hui
les produits métalliques ne représentent plus qu'un tiers
de la valeur totale, contre plus des deux tiers en 1973. Ce chambardement a
été la conséquence tant des crises sidérurgiques
et de la restructuration subséquente du secteur, que des effets positifs
de la diversification industrielle.
En dépit de l'accentuation de la spécialisation dans les
biens intermédiaires, la gamme des produits exportés s'est
élargie : aux produits de plus longue tradition (e.a. produits agro-alimentaires,
pneumatiques, produits plastiques et textiles, faïence) se sont ajoutés
e.a. le verre, les métaux non ferreux (cuivre et aluminium), les supports
en papier et les supports informatiques.
Outre cette tendance générale, la ventilation par groupe de produits
permet de dégager quelques caractéristiques structurelles, et
notamment deux formes de diversification : intra-gamme et novatrice.
Traditionnellement le Luxembourg était largement tributaire de matières
premières et produits énergétiques. Toutefois au cours
des trois dernières décennies les approvisionnements en demi-produits
se sont substitués à certaines matières premières.
Par rapport aux périodes précédentes, les importations
de produits rentrant dans la consommation intermédiaire se sont présentées
sous des formes plus évoluées.
Les produits minéraux et énergétiques - qui représentaient
jusqu'en 1982 un quart de importations totales - ont vu leur part
se réduire à un dixième, à la suite du recul des
activités sidérurgiques, du fléchissement relatif des prix
pétroliers et des efforts d'économie d'énergie.
Le renforcement et la modernisation de la structure productive, d'une
part, et les efforts de diversification des secteurs industriels et de service,
d'autre part, sont à l'origine de certaines poussées
d'importations de biens d'équipements. La restructuration
périodique de l'équipement industriel est une condition
de base à la compétitivité et génère d'importantes
importations de machines et appareils. A cette demande traditionnelle du secteur
industriel s'ajoutent également d'importants approvisionnements
de certains secteurs de services - importateurs de biens d'équipement
sophistiqués et de haute technologie (e.a. appareils de communications,
aéronefs...).
L'accroissement démographique et le relèvement du niveau
de vie ont engendré des importations accrues de biens de consommation
de toute sorte. Depuis les années 1980, ce phénomène s'est
renforcé par des activités d'import/export, ainsi que par
des importations croissantes de biens de consommation destinés aux non
résidents (hydrocarbures, tabacs, alccols …).

Concentration géographique
La structure géographique des exportations a été relativement
stable au cours des dernières décennies : la part des exportations
intra-communautaires ayant représenté environ 80 % - les pays
limitrophes couvrant même plus de 60 %. Entre ces trois marchés
une redistribution s'est opérée. Le marché belge
a perdu en importance relative aux dépens des marchés allemand
et français. Plus généralement, c'est vers le noyau
créateur de la Communauté Européenne que le Luxembourg
exporte principalement. Ceci s'explique toutefois autant par des raisons
de proximité géographique et de relations économiques générales,
que par des effets particuliers de la création du Marché Commun.
Les exportations vers les autres (nouveaux) Etats membres de l'Union européenne
représentent généralement moins d'un pourcent des
exportations totales.
L'orientation générale vers le marché communautaire
doit toutefois être quelque peu nuancée selon les groupes de produits.
Tant le niveau que l'évolution des cinq principaux groupes de produits
divergent sensiblement.
Pour le principal groupe de produits - les métaux - l'on
note un léger rétrécissement de la part de marché.
A plusieurs reprises ce secteur a tenté une orientation plus forte vers
la grande exportation (extra-communautaire) pour écouler une partie de
sa production.
D'autres secteurs très dynamiques, comme par exemple les industries
des matières plastiques et des pneumatiques, ont également réussi
des percées sur d'autres continents ce qui explique le recul relatif
de leurs ventes dans l'Union Européenne.
La Belgique est de loin le principal pays fournisseur du Luxembourg, suivi
par l'Allemagne. Couvrant entre 10 et 15 % des importations du Luxembourg,
la France occupe la troisième place. Au total les trois pays limitrophes
assurent, selon le concept de provenance directe, plus de 80 % des importations
totales du Luxembourg. Même si cette prépondérance fléchit
un peu dans l'optique du pays d'origine, elle reste tout de même
de taille (de quelque 70 %).
Globalement le Luxembourg s'approvisionne à raison de 95 % sur
le Vieux continent. Traditionnellement les fournitures des pays de l'AELE
et des Etats-Unis ont déterminé les importations extra-UE du Luxembourg.
Au cours des dernières années, la poussée des importations
en provenance de l'Asie a engendré un rééquilibrage
entre les livraisons des pays de l'AELE, celles du continent américain
et celles du continent asiatique.

Excédent croissant des services
L'excédent croissant de la balance des services est en premier
lieu dû aux recettes nettes touchées par le Luxembourg en raison
des activités internationales de prestation de services financiers.
Il faut souligner toutefois que les services autres que bancaires contribuent
également aux résultats positifs de la balance des services. Mentionnons
entre autres les activités de transports aériens, les services
de radio - télévision, les télécommunications,
les services d'assurances et les recettes au titre de « voyages ».
Les recettes au titre des activités de voyages sont la catégorie
la plus importante après les services financiers. Entre 1995 et 2001,
la somme totale a quasiment doublé. Cette rubrique n'enregistre pas seulement
les dépenses de tourisme au sens strict - à savoir les dépenses
des non-résidents qui séjournent au moins une nuit au Luxembourg.
On y inclut également les dépenses des excursionnistes, des frontaliers
et d'autres non-résidents de passage réalisant leurs emplettes
sur le territoire. Les achats de produits accisables (essence, tabac, boissons
alcooliques) par des non-résidents représentent une part importante
des recettes de la rubrique "voyages". Par ailleurs, les dépenses
des salariés frontaliers sont également en progression constante,
compte tenu de la croissance annuelle considérable du nombre des frontaliers »
et s'élèvent en 2002 à quelque 786 millions d'euros.
Alors que les revenus du capital continuent à dégager un excédent,
les revenus du travail se soldent depuis le milieu des années 1980 par
un déficit toujours croissant. Le rythme d'accroissement exceptionnel
enregistré au cours des dernières années pour le nombre
des frontaliers venant travailler au Luxembourg est à l'origine
de cette évolution ; en 2000 plus de 100 000 frontaliers ont été
enregistrés au Luxembourg, contre 17 000 en 1985.
Flux de revenus en relation avec la rémunération des salariés
| |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
| |
Unité:
Millions d'euros |
| Credit |
531.6 |
548.54 |
574.4 |
589.1 |
611.4 |
627.2 |
644.0 |
| Debit |
1 617.9 |
1 768.8 |
1 968.2 |
2 205.3 |
2 532.1 |
2 956.3 |
3 507.1 |
| Solde |
-1 086.3 |
-1 220.2 |
-1 393.8 |
-1 616.2 |
-1 920.7 |
-2 329.1 |
-2 863.1 |
| Source: STATEC |
La rémunération des salariés retrace du côté
du crédit, les revenus bruts (en ce compris les cotisations sociales
et impôts) touchés par des résidents travaillant à
l'étranger et du, côté du débit, la somme des
rémunérations brutes revenant à des salariés nonrésidents
travaillant au Luxembourg. Ce dernier flux se rapporte donc évidemment
à la rémunération du nombre important de frontaliers. La
masse salariale par tête de frontalier est passée de EUR 21 150
à EUR 36 040, soit une progression annuelle moyenne de 3.6 %.
Du côté crédit, l'on enregistre -
par analogie - la rémunération des quelque 700 salariés
résidents travaillant dans un pays limitrophe ainsi que des fonctionnaires
internationaux et agents locaux résidant au Luxembourg et travaillant
dans une organisation internationale établie au Luxembourg ou à
l'étranger. En 2001 ils étaient 7 700 à habiter le
Luxembourg, sur un total de
9 500 travaillant au Luxembourg ; les autres 1 800 habitent dans la région
limitrophe. Parmi les organisations concernées prédominent évidemment
les institutions européennes installées majoritairement au Kirchberg.
A celles-ci il faut ajouter d'autres organisations internationales, comme
la NAMSA et Eurocontrol. Les fonctionnaires internationaux et agents locaux
résidents ont touché une rémunération annuelle moyenne
de EUR 77 590.
|