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    19-03-2010 - 20:16 (GMT+0100) ImprimerEnvoyer à

> home > 2 - Les structures économiques > 2.2. La structure productive > 2.2.2. Quelques "coups de projecteur" > 2.2.2.3 Transports et communications : émergence des télécommunications et des transports aériens

2.2.2.3 Transports et communications : émergence des télécommunications et des transports aériens

Vers le niveau supérieur

A côté des services financier et des services aux entreprises, les transports et communications constituent la troisième branche très dynamique dans le tissu économique luxembourgeois. Dans l'ensemble de la branche, l'emploi a doublé de 1985 à 2001 (d'environ 11 000 en 1985 à plus de 22 000 personnes en 2001) et sa part dans la somme des valeurs ajoutées de l'économie passe de 6% à près de 11%.

Thumbnail 2.2.2.3.1 Transports et communications de 1985 à 2001 (croissance, emploi et productivité). Taux de croissance annuels moyens

Comme pour d'autres branches économiques, la prise en compte des données agrégées des « Transports et communications » ne fait pas apparaître les différences considérables dans l'évolution de ses composantes. Une vue plus fine permet de se rendre compte du fait que la croissance dans ce domaine est en grande partie imputable aux télécommunications, aux transports aériens, ainsi qu'aux transports routiers.

Transports et communications
 
Année
Nombre d'entreprises
Nombre de personnes occupées
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs*
Transports (total) 1995 807 12 048 660 698
  2001 1 022 18 262 1 202 412
   
Transports ferroviaires 1995 1 3 240 169 987
  2001 2 3 258 176 040
   
Transports réguliers de voyageurs 1995 44 1 223 68 200
(autobus) 2001 42 1 739 100 053
   
Transports de voyageurs par taxis et 1995 125 304 7 478
autres transports routiers de voyageurs 2001 129 395 11 438
   
Transports routiers de marchandises 1995 394 3 506 153 286
  2001 501 6 085 367 144
   
Transports fluviaux, transports aériens 1995 243 3 775 261 747
et services auxiliaires des transports 2001 348 6 785 547 737
   
Postes et télécommunications (total) 1995 70 3 245 453 586
  2001 113 4 253 1 031 628
   
Activités de poste et de courrier 1995 24 2 822 222 318
  2001 45 3 189 310 785
   
Télécommunications 1995 46 423 231 268
  2001 68 1 064 720 843
Source: STATEC
* milliers d'euros, hors TVA

Dans la branche des transports on constate une stagnation de l'emploi dans les transports ferroviaires, c'est-à-dire principalement au sein la Société nationale des chemins de fer luxembourgeois (SNCFL), à partir de 1995. Ce phénomène doit cependant être regardé à la lumière de l'évolution antérieure marquée par une réduction de l'emploi. L'effectif de la SNCFL était passé de 4 254 en 1980 à 3 237 en 1995. C'est un signe des difficultés du transport ferroviaire pour retrouver ses marques face au développement du transport routier et correspond d'autre part à la mise en oeuvre d'une politique de rationalisation de la gestion de la société. Le nombre de voyageurs transportés passe de 14 millions en 1980 à 11.1 millions en 1996 et se redresse assez vigoureusement au cours des années récentes atteignant 13.6 millions de voyageurs en 2001.

L'amélioration de l'intégration du réseau luxembourgeois au réseau international et la qualité des relations ferroviaires avec l'étranger sont actuellement au centre des préoccupations de la SNCFL et du gouvernement. Dans ce contexte, l'électrification de la ligne Luxembourg-Liège a été achevée en mai 2000 et, en janvier 2002, un accord franco-luxembourgeois concernant le raccordement de Luxembourg au TGV Est-Européen, et prévoyant une participation financière de l'Etat luxembourgeois, a été signé. Cet accord doit permettre de ramener le temps de parcours entre Luxembourg et Paris de 3.30 hrs à l'heure actuelle à 2.15 hrs en 2006/2007. Dans une deuxième phase, le temps de parcours Luxembourg-Strasbourg devrait être réduit en passant de 2.05 hrs à 1.25 hrs.

En outre, face à l'engorgement du réseau routier luxembourgeois, lié à la croissance de la population et de l'emploi (notamment frontalier), ainsi qu'au gonflement du parc automobile, les pouvoirs publics essaient de miser sur le développement et la modernisation des transports publics, plus particulièrement du réseau ferroviaire. Le projet « Mobilitéit.lu » devrait permettre d'accroître la part des transports publics dans les déplacements de voyageurs d'actuellement quelque 12% à 25% à moyen terme.

Globalement le trafic ferroviaire de marchandises est resté au même niveau qu'en 1980 : 665 millions de tonnes-km en 1980, 683 millions de tonnes-km en 2000 et 634 millions de tonnes-km en 2001. Par contre, le transport routier de marchandises a le vent en poupe. Rien qu'entre 1995 et 2001 les sociétés de transports routiers ont embauché près de 2 500 personnes supplémentaires et plus de 100 entreprises se sont créées dans la branche. Par ailleurs, de nombreuses sociétés étrangères - attirées par les charges sociales compétitives - se sont installées au Luxembourg. C'est le trafic international extérieur (transport de marchandises effectué en dehors du Luxembourg) par des véhicules immatriculés au Luxembourg qui explique une grande partie de la progression.

Thumbnail 2.2.2.3.2 Transport routier de marchandises - Trafic international extérieur (en 1000 tonnes kilométriques)

La catégorie des transports fluviaux, transports aériens et services auxiliaires des transports est en réalité dominée par les transports aériens. En ce qui concerne les transports fluviaux, on note, dans le moyen terme, une stagnation des activités du port de Mertert sur la Moselle canalisée. 1 706 321 tonnes étaient transbordées dans le port fluvial en 1980, tandis que le chiffre correspondant était de 1 591 281 tonnes en 2001.

Par contre, le transport aérien est en nette croissance. Deux grandes sociétés de transports aériens sont basées à l'aéroport de Luxembourg. Il s'agit de « Luxair » (transport de passagers) et de « Cargolux » (transport de fret). L'Etat luxembourgeois et la Banque et Caisse d'Epargne de l'Etat détiennent respectivement 26.8% et 15.6% des parts de Luxair, société qui est elle-même détentrice de 34.9% des parts de Cargolux. Les deux sociétés comptent parmi les plus grands employeurs du pays. A la fin de l'année 2001, Luxair occupait 2 260 personnes et Cargolux en employait 1 120.

Le nombre de passagers transportés par Luxair est passé de 320 000 en 1982 à 621 000 en 1992 et à 1 142 319 en 2001. A côté des vols réguliers, Luxair a des activités de tour-opérateur et offre des voyages forfaitaires de vacances qui ont connu une expansion considérable au cours des années récentes. Le chiffre d'affaires du groupe est passé de 172.5 millions d'euros en 1994 à 282.8 millions d'euros en 2001.

Le transporteur aérien de fret Cargolux, co-fondé en 1970 par Luxair, dessert aujourd'hui quelque 50 destinations avec une flotte de 10 avions Boeing 747 et compte parmi les plus grands transporteurs aériens de fret dans le monde. En 1996 un nouveau Cargocenter (géré par Luxair), qui s'étend sur 55 000 m2, et a une capacité de fret annuelle de 500 000 tonnes a été inauguré à l'aéroport de Luxembourg. En 2000, le nombre de tonnes-kilomètres de fret transporté par Cargolux s'est élevé à 3 813 millions contre 1 261 millions de tonnes-kilomètres en 1993. Le bénéfice après impôts de Cargolux est passé de 7.3 millions d'USD en 1996 à 32.9 millions d'USD en 2000.

Ces développements se reflètent dans le trafic à l'aéroport de Luxembourg. Le nombre total des atterrissages et décollages passe de 54 604 en 1980 à 69 662 en 1995 et à 86 165 en 2001. Le transport de fret est caractérisé par un véritable boom dans les années 1990 en évoluant de 143 667 tonnes en 1990 à 510 965 tonnes en 2001. De même, le nombre de passagers transportés augmente de façon considérable : de 1 072 264 en 1990 il passe à 1 625 323 en 2001.

A signaler encore que les effets induits des transports aériens dans les domaines du tourisme, et des activités de logistique par exemple sont importants.

Les télécommunications connaissent l'expansion la plus importante de la branche économique des « transports et communications » au cours des dernières années. La part des télécommunications dans la valeur ajoutée de la branche passe de 21% en 1995 à plus de 32% en 2001. Dans la somme des valeurs ajoutées de l'ensemble de l'économie luxembourgeoise, les activités de télécommunication représentaient quelque 2% en 1990, 2.5% en 1995 et plus de 3% en 2001.

Suite à la libéralisation des télécommunications et de la poste à partir de 1992 dans le contexte de la politique communautaire en la matière, l'Entreprise des Postes et Télécommunications (P&T) doit désormais faire face à la concurrence. L'entreprise publique des P&T occupait
2 750 personnes fin 2001. La « Société Européenne de Communication S.A. » - concurrent direct de l'entreprise des P&T, notamment dans le domaine de la téléphonie mobile avec son réseau « Tango » - renseignait un emploi de quelque 290 personnes à la même date.

La croissance importante de la branche apparaît dans les statistiques de l'Entreprise des Postes et Télécommunications. Le nombre de raccordements et le nombre de communications téléphoniques connaissent certes une croissance exceptionnelle à partir de 1990, mais c'est l'essor de la téléphonie mobile qui est la plus spectaculaire. Le nombre d'abonnés au système de téléphonie mobile LUXGSM de l'Entreprise des P&T passe d'environ 27 000 en 1995 à 246 482 en 2001. Le nombre total d'abonnés au téléphone mobile était d'environ 380 000 à la fin de l'année 2000. Ce chiffre correspond à 87 abonnés pour 100 habitants, alors que dans l'Europe des 15 la moyenne du nombre d'abonnés au téléphone mobile pour 100 habitants était de 63.5.

Installations et communications téléphoniques (entreprise des P&T)
 
1970
1980
1985
1990
1995
2001
Nombre de raccordements 81 645 131 660 151 525 183 700 230 512 346 763
Nombre de communications (minutes facturées)  

Service national (milliers)

1 302 125 1 700 407

Service international

 

Départ (milliers)

14 840 51 688 80 865 150 619 232 198 332 980

Arrivée (milliers)

13 300 34 000 52 000 89 000 178 000 287 299
Lignes d'abonnés aux systèmes téléphoniques mobiles cellulaires 578 26 838 246 482
Source: Entreprise des P. et T.
… = données faisant défaut

L'évolution des télécommunications n'est d'ailleurs pas seulement d'ordre quantitatif, mais a également des aspects qualitatifs dans la mesure où les sociétés présentes sur le marché doivent s'adapter à l'éclosion des nouvelles technologies d'information et de communication, plus spécifiquement Internet. Le nombre de raccordements de type digital (ISDN - Integrated Services Digital Network) de l'Entreprise des P&T qui était de 6 112 en 1997 atteint 155 366 en 2001. Le taux de pénétration d'ISDN (part dans le total des raccordements) s'élevait à 44.7% en 2001, un des taux les plus élevés du monde. En juin 2001, près de la moitié des internautes luxembourgeois ont un accès ISDN à Internet contre 16% dans l'Union européenne en moyenne. La nouvelle technologie ADSL (Asymetric Digital Subscriber Line) donnant accès à Internet à large bande a été introduite à partir de 1999 et est appelée à connaître une expansion similaire. En mai 2002, trois licences pour l'établissement et l'exploitation d'un réseau et de services de télécommunications mobiles 3G (3e génération) ont été attribuées. Les trois opérateurs qui se sont vu proposer une licence UMTS (Universal mobile telecommunication system) sont: Tango S.A., Orange Communications Luxembourg S.A. et l'Entreprise des Postes et Télécommunications.

Par ailleurs, l'Entreprise des P&T, tout comme « Tango », sont fournisseurs d'accès à Internet. Le trafic Internet des P&T est passé de 26 millions de minutes en 1997 à 534 millions de minutes en 2001.

 

Dans le domaine des télécommunications on doit également mentionner la transmission par satellites. La « Société Européenne des Satellites » (SES) a été créée en 1986 sur la base d'une concession accordée par le Grand-Duché de Luxembourg portant sur la diffusion de programmes audiovisuels. La SES est habilitée à exploiter le système des satellites ASTRA conformément aux procédures de coordination, notification, enregistrement des positions orbitales géostationnaires et des fréquences auprès du « Comité International d'Enregistrement des Fréquences » (CIEF) dans le cadre du règlement de radiocommunications de l'Union Internationale de Télécommunications (UIT) à Genève. A l'origine, l'Etat luxembourgeois - à travers deux établissements de droit public luxembourgeois, l'actuelle « Banque et Caisse d'Epargne de l'Etat » et la « Société nationale de crédit et d'investissement (SNCI) » - apportait 20% du capital, les 80% restants étant réparti entre neuf investisseurs européens de droit privé. En 1993, la concession fut renouvelée et a été prolongée jusqu'en 2010 tout en permettant un élargissement du champ d'activité de la SES et en lui accordant l'exclusivité sur la position orbitale 19.2° Est, toujours dans le cadre des procédures prévues pour l'attribution des bandes de fréquences par l'UIT.

Le lancement du premier satellite a eu lieu en 1988 et le système SES-ASTRA a continué à se développer tout au long des années 1990 pour devenir le plus important opérateur de services satellitaires en Europe. La station terrienne de contrôle (centre d'opération des satellites, équipements assurant les liaisons montantes) est située à Betzdorf et la SES occupait 350 personnes au Luxembourg à la fin de l'année 2001, contre 147 fin 1994.

A la fin de l'année 2001, avec 12 satellites, SES-ASTRA touchait 91.3 millions de foyers dans 30 pays européens, soit par câble (57.6 millions de foyers), soit par voie directe (33.7 millions de foyers). 80% des foyers européens disposant d'une parabole ou abonnés au câble peuvent recevoir des programmes audiovisuels diffusés par ASTRA. Le nombre de chaînes de radio et de télévision analogiques et numériques diffusées était de plus de 1 100 à la fin de l'année 2001. Au cours des années récentes, le groupe SES a développé son offre dans le domaine des services de télédiffusion numérique. En 2001, 14 millions de foyers européens recevaient des programmes numériques diffusés par ASTRA. Cela représente une part de marché de plus de 80% sur le total des foyers disposant d'équipements numériques en Europe. Par ailleurs, avec ASTRA-NET, la SES a créé une plate-forme fournissant des services interactifs à large bande (Internet à haut débit, multimédia, télé-enseignement …).

De 1999 à 2001 la SES a fait une mutation fondamentale. D'acteur européen, la société est devenue acteur global, par des prises de participation dans des sociétés qui sont des opérateurs importants en Asie (AsiaSat), dans les pays nordiques et de l'Europe de l'Est (Nordic Satellite AB qui gère les satellites Sirius) et en Amérique du Sud (Nahuelsat en Argentine, Star One, opérateur des satellites Brasilsat). Fin 2000, les services satellitaires du groupe SES et de ses partenaires pouvaient atteindre près de 80% de la population mondiale.

En 2001 naît SES-GLOBAL de l'association d'ASTRA et d'AMERICOM, un des plus importants opérateurs de services satellitaires fixes aux Etats-Unis. Désormais, avec ses 29 satellites propres et 13 satellites appartenant aux entreprises partenaires, SES GLOBAL a une zone de couverture de 95% de la population mondiale. L'Etat luxembourgeois, respectivement les entreprises publiques « Banque et Caisse d'Epargne de l'Etat » et « Société nationale de crédit et d'investissement », détiennent ensemble 16.67% des actions de SES GLOBAL et disposent conjointement d'un tiers des droits de vote des actionnaires.

Chiffre d'affaires et bénéfice du groupe SES (millions d'euros)
 
1995
1996
1997
1998
1999
2000
*2001
Chiffre d'affaires 256.2 351.0 448.1 516.9 725.2 835.9 897.6
Bénéfice 71.3 118.9 158.8 176.2 201.3 244.5 291.9
Source: SES
* pour l'année 2001, les chiffres ne reflètent pas l'impact de l'acquisition d'AMERICOM qui a pris effet au 9 novembre 2001

L'évolution de la SES a certes un impact économique direct (impôts, emploi, valeur ajoutée), mais pourrait également constituer un pôle d'attraction pour des fournisseurs de contenu ou des entreprises proposant des services multimédia par Internet. Ainsi la société « Europe Online » qui a été créée en 1999 - et a également son siège à Betzdorf - propose du contenu numérique à partir d'une plateforme d'Internet hybride satellite/terrestre à large bande. La société qui occupait 110 personnes à la fin de l'année 2001 utilise plusieurs répéteurs complets du système de satellites ASTRA.


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