|
A côté des services financier et des services aux entreprises,
les transports et communications constituent la troisième branche très
dynamique dans le tissu économique luxembourgeois. Dans l'ensemble
de la branche, l'emploi a doublé de 1985 à 2001 (d'environ
11 000 en 1985 à plus de 22 000 personnes en 2001) et sa part dans la
somme des valeurs ajoutées de l'économie passe de 6% à
près de 11%.
Comme pour d'autres branches économiques, la prise en compte des
données agrégées des « Transports et communications »
ne fait pas apparaître les différences considérables dans
l'évolution de ses composantes. Une vue plus fine permet de se
rendre compte du fait que la croissance dans ce domaine est en grande partie
imputable aux télécommunications, aux transports aériens,
ainsi qu'aux transports routiers.
Transports et communications
| |
Année |
Nombre d'entreprises |
Nombre de personnes
occupées |
Valeur
ajoutée brute au coût des facteurs* |
| Transports (total) |
1995 |
807 |
12 048 |
660 698 |
| |
2001 |
1 022 |
18 262 |
1 202 412 |
| |
|
| Transports ferroviaires |
1995 |
1 |
3 240 |
169 987 |
| |
2001 |
2 |
3 258 |
176 040 |
| |
|
| Transports
réguliers de voyageurs |
1995 |
44 |
1 223 |
68 200 |
| (autobus) |
2001 |
42 |
1 739 |
100 053 |
| |
|
| Transports
de voyageurs par taxis et |
1995 |
125 |
304 |
7 478 |
| autres transports routiers de voyageurs |
2001 |
129 |
395 |
11 438 |
| |
|
| Transports routiers de marchandises |
1995 |
394 |
3 506 |
153 286 |
| |
2001 |
501 |
6 085 |
367 144 |
| |
|
| Transports
fluviaux, transports aériens |
1995 |
243 |
3 775 |
261 747 |
| et services auxiliaires des transports |
2001 |
348 |
6 785 |
547 737 |
| |
|
| Postes et télécommunications (total) |
1995 |
70 |
3 245 |
453 586 |
| |
2001 |
113 |
4 253 |
1 031 628 |
| |
|
| Activités de poste et de courrier |
1995 |
24 |
2 822 |
222 318 |
| |
2001 |
45 |
3 189 |
310 785 |
| |
|
| Télécommunications |
1995 |
46 |
423 |
231 268 |
| |
2001 |
68 |
1 064 |
720 843 |
Source: STATEC
* milliers d'euros, hors TVA |
Dans la branche des transports on constate une stagnation de l'emploi
dans les transports ferroviaires, c'est-à-dire principalement au
sein la Société nationale des chemins de fer luxembourgeois (SNCFL),
à partir de 1995. Ce phénomène doit cependant être
regardé à la lumière de l'évolution antérieure
marquée par une réduction de l'emploi. L'effectif
de la SNCFL était passé de 4 254 en 1980 à 3 237 en 1995.
C'est un signe des difficultés du transport ferroviaire pour retrouver
ses marques face au développement du transport routier et correspond
d'autre part à la mise en oeuvre d'une politique de rationalisation
de la gestion de la société. Le nombre de voyageurs transportés
passe de 14 millions en 1980 à 11.1 millions en 1996 et se redresse assez
vigoureusement au cours des années récentes atteignant 13.6 millions
de voyageurs en 2001.
L'amélioration de l'intégration du réseau
luxembourgeois au réseau international et la qualité des relations
ferroviaires avec l'étranger sont actuellement au centre des préoccupations
de la SNCFL et du gouvernement. Dans ce contexte, l'électrification
de la ligne Luxembourg-Liège a été achevée en mai
2000 et, en janvier 2002, un accord franco-luxembourgeois concernant le raccordement
de Luxembourg au TGV Est-Européen, et prévoyant une participation
financière de l'Etat luxembourgeois, a été signé.
Cet accord doit permettre de ramener le temps de parcours entre Luxembourg et
Paris de 3.30 hrs à l'heure actuelle à 2.15 hrs en 2006/2007.
Dans une deuxième phase, le temps de parcours Luxembourg-Strasbourg devrait
être réduit en passant de 2.05 hrs à 1.25 hrs.
En outre, face à l'engorgement du réseau routier luxembourgeois,
lié à la croissance de la population et de l'emploi (notamment
frontalier), ainsi qu'au gonflement du parc automobile, les pouvoirs publics
essaient de miser sur le développement et la modernisation des transports
publics, plus particulièrement du réseau ferroviaire. Le projet
« Mobilitéit.lu » devrait permettre d'accroître
la part des transports publics dans les déplacements de voyageurs d'actuellement
quelque 12% à 25% à moyen terme.
Globalement le trafic ferroviaire de marchandises est resté
au même niveau qu'en 1980 : 665 millions de tonnes-km en 1980,
683 millions de tonnes-km en 2000 et 634 millions de tonnes-km en 2001. Par
contre, le transport routier de marchandises a le vent en poupe. Rien
qu'entre 1995 et 2001 les sociétés de transports routiers
ont embauché près de 2 500 personnes supplémentaires et
plus de 100 entreprises se sont créées dans la branche. Par ailleurs,
de nombreuses sociétés étrangères - attirées
par les charges sociales compétitives - se sont installées au
Luxembourg. C'est le trafic international extérieur (transport
de marchandises effectué en dehors du Luxembourg) par des véhicules
immatriculés au Luxembourg qui explique une grande partie de la progression.
La catégorie des transports fluviaux, transports aériens et services
auxiliaires des transports est en réalité dominée par les
transports aériens. En ce qui concerne les transports fluviaux, on note,
dans le moyen terme, une stagnation des activités du port de Mertert
sur la Moselle canalisée. 1 706 321 tonnes étaient transbordées
dans le port fluvial en 1980, tandis que le chiffre correspondant était
de 1 591 281 tonnes en 2001.
Par contre, le transport aérien est en nette croissance. Deux grandes
sociétés de transports aériens sont basées à
l'aéroport de Luxembourg. Il s'agit de « Luxair »
(transport de passagers) et de « Cargolux » (transport
de fret). L'Etat luxembourgeois et la Banque et Caisse d'Epargne
de l'Etat détiennent respectivement 26.8% et 15.6% des parts de
Luxair, société qui est elle-même détentrice de 34.9%
des parts de Cargolux. Les deux sociétés comptent parmi les plus
grands employeurs du pays. A la fin de l'année 2001, Luxair occupait
2 260 personnes et Cargolux en employait 1 120.
Le nombre de passagers transportés par Luxair est passé de 320
000 en 1982 à 621 000 en 1992 et à 1 142 319 en 2001. A côté
des vols réguliers, Luxair a des activités de tour-opérateur
et offre des voyages forfaitaires de vacances qui ont connu une expansion considérable
au cours des années récentes. Le chiffre d'affaires du groupe
est passé de 172.5 millions d'euros en 1994 à 282.8 millions
d'euros en 2001.
Le transporteur aérien de fret Cargolux, co-fondé en 1970 par
Luxair, dessert aujourd'hui quelque 50 destinations avec une flotte de
10 avions Boeing 747 et compte parmi les plus grands transporteurs aériens
de fret dans le monde. En 1996 un nouveau Cargocenter (géré par
Luxair), qui s'étend sur 55 000 m2, et a une capacité
de fret annuelle de 500 000 tonnes a été inauguré à
l'aéroport de Luxembourg. En 2000, le nombre de tonnes-kilomètres
de fret transporté par Cargolux s'est élevé à
3 813 millions contre 1 261 millions de tonnes-kilomètres en 1993. Le
bénéfice après impôts de Cargolux est passé
de 7.3 millions d'USD en 1996 à 32.9 millions d'USD en 2000.
Ces développements se reflètent dans le trafic à l'aéroport
de Luxembourg. Le nombre total des atterrissages et décollages passe
de 54 604 en 1980 à 69 662 en 1995 et à 86 165 en 2001. Le transport
de fret est caractérisé par un véritable boom dans les
années 1990 en évoluant de 143 667 tonnes en 1990 à 510
965 tonnes en 2001. De même, le nombre de passagers transportés
augmente de façon considérable : de 1 072 264 en 1990 il
passe à 1 625 323 en 2001.
A signaler encore que les effets induits des transports aériens dans
les domaines du tourisme, et des activités de logistique par exemple
sont importants.
Les télécommunications connaissent l'expansion
la plus importante de la branche économique des « transports
et communications » au cours des dernières années.
La part des télécommunications dans la valeur ajoutée de
la branche passe de 21% en 1995 à plus de 32% en 2001. Dans la somme
des valeurs ajoutées de l'ensemble de l'économie luxembourgeoise,
les activités de télécommunication représentaient
quelque 2% en 1990, 2.5% en 1995 et plus de 3% en 2001.
Suite à la libéralisation des télécommunications
et de la poste à partir de 1992 dans le contexte de la politique communautaire
en la matière, l'Entreprise des Postes et Télécommunications
(P&T) doit désormais faire face à la concurrence. L'entreprise
publique des P&T occupait
2 750 personnes fin 2001. La « Société Européenne
de Communication S.A. » - concurrent direct de l'entreprise
des P&T, notamment dans le domaine de la téléphonie mobile
avec son réseau « Tango » - renseignait un emploi
de quelque 290 personnes à la même date.
La croissance importante de la branche apparaît dans les statistiques
de l'Entreprise des Postes et Télécommunications. Le nombre
de raccordements et le nombre de communications téléphoniques
connaissent certes une croissance exceptionnelle à partir de 1990, mais
c'est l'essor de la téléphonie mobile qui est la plus
spectaculaire. Le nombre d'abonnés au système de téléphonie
mobile LUXGSM de l'Entreprise des P&T passe d'environ 27 000
en 1995 à 246 482 en 2001. Le nombre total d'abonnés au
téléphone mobile était d'environ 380 000 à
la fin de l'année 2000. Ce chiffre correspond à 87 abonnés
pour 100 habitants, alors que dans l'Europe des 15 la moyenne du nombre
d'abonnés au téléphone mobile pour 100 habitants
était de 63.5.
Installations et communications téléphoniques (entreprise des P&T)
| |
1970 |
1980 |
1985 |
1990 |
1995 |
2001 |
| Nombre de raccordements |
81 645 |
131 660 |
151 525 |
183 700 |
230 512 |
346 763 |
| Nombre de communications (minutes facturées) |
|
Service
national (milliers) |
… |
… |
… |
… |
1 302 125 |
1 700 407 |
Service
international |
|
Départ
(milliers) |
14 840 |
51 688 |
80 865 |
150 619 |
232 198 |
332 980 |
Arrivée
(milliers) |
13 300 |
34 000 |
52 000 |
89 000 |
178 000 |
287 299 |
| Lignes d'abonnés aux systèmes téléphoniques
mobiles cellulaires |
… |
… |
… |
578 |
26 838 |
246 482 |
Source: Entreprise des P. et T. …
= données faisant défaut |
L'évolution des télécommunications n'est d'ailleurs
pas seulement d'ordre quantitatif, mais a également des aspects
qualitatifs dans la mesure où les sociétés présentes
sur le marché doivent s'adapter à l'éclosion
des nouvelles technologies d'information et de communication, plus spécifiquement
Internet. Le nombre de raccordements de type digital (ISDN - Integrated
Services Digital Network) de l'Entreprise des P&T qui était
de 6 112 en 1997 atteint 155 366 en 2001. Le taux de pénétration
d'ISDN (part dans le total des raccordements) s'élevait à
44.7% en 2001, un des taux les plus élevés du monde. En juin 2001,
près de la moitié des internautes luxembourgeois ont un accès
ISDN à Internet contre 16% dans l'Union européenne en moyenne.
La nouvelle technologie ADSL (Asymetric Digital Subscriber Line) donnant accès
à Internet à large bande a été introduite à
partir de 1999 et est appelée à connaître une expansion
similaire. En mai 2002, trois licences pour l'établissement et l'exploitation
d'un réseau et de services de télécommunications mobiles
3G (3e génération) ont été attribuées. Les
trois opérateurs qui se sont vu proposer une licence UMTS (Universal
mobile telecommunication system) sont: Tango S.A., Orange Communications Luxembourg
S.A. et l'Entreprise des Postes et Télécommunications.
Par ailleurs, l'Entreprise des P&T, tout comme « Tango »,
sont fournisseurs d'accès à Internet. Le trafic Internet
des P&T est passé de 26 millions de minutes en 1997 à 534
millions de minutes en 2001.
Dans le domaine des télécommunications on doit également
mentionner la transmission par satellites. La « Société
Européenne des Satellites » (SES) a été créée
en 1986 sur la base d'une concession accordée par le Grand-Duché
de Luxembourg portant sur la diffusion de programmes audiovisuels. La SES est
habilitée à exploiter le système des satellites ASTRA conformément
aux procédures de coordination, notification, enregistrement des positions
orbitales géostationnaires et des fréquences auprès du
« Comité International d'Enregistrement des Fréquences »
(CIEF) dans le cadre du règlement de radiocommunications de l'Union
Internationale de Télécommunications (UIT) à Genève.
A l'origine, l'Etat luxembourgeois - à travers deux
établissements de droit public luxembourgeois, l'actuelle « Banque
et Caisse d'Epargne de l'Etat » et la « Société
nationale de crédit et d'investissement (SNCI) » -
apportait 20% du capital, les 80% restants étant réparti entre
neuf investisseurs européens de droit privé. En 1993, la concession
fut renouvelée et a été prolongée jusqu'en
2010 tout en permettant un élargissement du champ d'activité
de la SES et en lui accordant l'exclusivité sur la position orbitale
19.2° Est, toujours dans le cadre des procédures prévues pour
l'attribution des bandes de fréquences par l'UIT.
Le lancement du premier satellite a eu lieu en 1988 et le système SES-ASTRA
a continué à se développer tout au long des années
1990 pour devenir le plus important opérateur de services satellitaires
en Europe. La station terrienne de contrôle (centre d'opération
des satellites, équipements assurant les liaisons montantes) est située
à Betzdorf et la SES occupait 350 personnes au Luxembourg à la
fin de l'année 2001, contre 147 fin 1994.
A la fin de l'année 2001, avec 12 satellites, SES-ASTRA touchait
91.3 millions de foyers dans 30 pays européens, soit par câble
(57.6 millions de foyers), soit par voie directe (33.7 millions de foyers).
80% des foyers européens disposant d'une parabole ou abonnés
au câble peuvent recevoir des programmes audiovisuels diffusés
par ASTRA. Le nombre de chaînes de radio et de télévision
analogiques et numériques diffusées était de plus de 1
100 à la fin de l'année 2001. Au cours des années
récentes, le groupe SES a développé son offre dans le domaine
des services de télédiffusion numérique. En 2001, 14 millions
de foyers européens recevaient des programmes numériques diffusés
par ASTRA. Cela représente une part de marché de plus de 80% sur
le total des foyers disposant d'équipements numériques en
Europe. Par ailleurs, avec ASTRA-NET, la SES a créé une plate-forme
fournissant des services interactifs à large bande (Internet à
haut débit, multimédia, télé-enseignement …).
De 1999 à 2001 la SES a fait une mutation fondamentale. D'acteur
européen, la société est devenue acteur global, par des
prises de participation dans des sociétés qui sont des opérateurs
importants en Asie (AsiaSat), dans les pays nordiques et de l'Europe de
l'Est (Nordic Satellite AB qui gère les satellites Sirius) et en
Amérique du Sud (Nahuelsat en Argentine, Star One, opérateur des
satellites Brasilsat). Fin 2000, les services satellitaires du groupe SES et
de ses partenaires pouvaient atteindre près de 80% de la population mondiale.
En 2001 naît SES-GLOBAL de l'association d'ASTRA et
d'AMERICOM, un des plus importants opérateurs de services satellitaires
fixes aux Etats-Unis. Désormais, avec ses 29 satellites propres et 13
satellites appartenant aux entreprises partenaires, SES GLOBAL a une zone de
couverture de 95% de la population mondiale. L'Etat luxembourgeois, respectivement
les entreprises publiques « Banque et Caisse d'Epargne de l'Etat »
et « Société nationale de crédit et d'investissement »,
détiennent ensemble 16.67% des actions de SES GLOBAL et disposent conjointement
d'un tiers des droits de vote des actionnaires.
Chiffre d'affaires et bénéfice du groupe SES (millions d'euros)
| |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
*2001 |
| Chiffre d'affaires |
256.2 |
351.0 |
448.1 |
516.9 |
725.2 |
835.9 |
897.6 |
| Bénéfice |
71.3 |
118.9 |
158.8 |
176.2 |
201.3 |
244.5 |
291.9 |
Source: SES
* pour l'année 2001, les chiffres ne reflètent pas l'impact de l'acquisition
d'AMERICOM qui a pris effet au 9 novembre 2001 |
L'évolution de la SES a certes un impact économique direct
(impôts, emploi, valeur ajoutée), mais pourrait également
constituer un pôle d'attraction pour des fournisseurs de contenu
ou des entreprises proposant des services multimédia par Internet. Ainsi
la société « Europe Online » qui a été
créée en 1999 - et a également son siège à
Betzdorf - propose du contenu numérique à partir d'une plateforme
d'Internet hybride satellite/terrestre à large bande. La société
qui occupait 110 personnes à la fin de l'année 2001 utilise
plusieurs répéteurs complets du système de satellites ASTRA.
|